• LES HISTOIRES D’AR BIHAN  

    La petite étrille

    Ar c’hranck-siliou bihan (la petite étrille en breton) s’est éveillée à la politique grâce à une proche cousine. Elle l’avait suivie lors des dernières municipales. Depuis elle en pince pour la politique. Ses copines trouvent que ar c’hrank-siliou bihan ça fait snob. Et pour la faire bisquer, elles l’appellent Ar Bihan (la petite). Mais Ar Bihan est très zen. Qualité aussi rare qu’exceptionnelle chez ce type de crabe à la vivacité légendaire.

    MARCHE EN CRABE

    Ar Bihan n’a pas mis une pince dehors depuis les dernières élections qui se révélèrent bien éprouvantes.

     

    La petite étrille ayant cogité tout l’été se trouva malgré tout ragaillardie lorsque la bise fut venue. Et pour renouer avec la tradition, elle décida d’organiser une université de rentrée ouverte cette fois à tous les crabes : les conservateurs tourteaux, les insoumises araignées, les crabes verts parce que verts, ainsi que ceux qui marchent en crabe bien sûr…

     

    A l’ouverture de l’université, Ar Bihan nota que presque tous les sièges étaient occupés par ceux qui marchent en crabe. Cette supériorité numérique fut nette dès l’ouverture du débat. Ils voulaient représenter les crabes du nouveau monde et rejeter les autres dans les oubliettes de l’histoire. La petite étrille rageait d’être traitée de vieux crabe.

     

    Majoritaires donc, ceux qui marchent en crabe annoncèrent leur vision de ce nouveau monde. Les plus riches des crabes paieraient moins d’impôt sur la fortune. Pour compenser cela, il serait demandé aux vieux crabes de payer plus par solidarité et aux plus démunis de rogner sur quelques aides. Certes la taxe de rocher allait être supprimée pour 80% des crabes. Mais la petite étrille et ses amies, privées d’une telle rentrée d’argent, s’interrogeaient déjà sur leur capacité à organiser leur petite collectivité d’étrilles.

     

    Aux critiques formulées sur ces mesures, ceux qui marchent en crabe répondirent : les riches étant plus riches, ça va ruisseler sur les autres. Va-t-il falloir alors s’équiper pour se protéger du ruissellement ? Et Ar Bihan d’ajouter sans l’air d’en pincer: je ne veux pas qu’ils me ruissellent dessus.

     

    L’université de rentrée se termina dans un fouillis indescriptible. A cause de la seule issue de sortie qui se trouvait à gauche. Dès lors ceux qui marchent en crabe, n’ayant pas encore appris à marcher à gauche puisqu’ils n’ont à ce stade que le permis de marcher en crabe à droite, ne pouvaient pas sortir.

     

    Selon les dernières informations recueillies par Ar Bihan, ceux qui marchent à droite n’ont toujours pas trouvé la sortie à gauche.

     

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